Tests / Highguard 11/20

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Ecrit par SpaceMonkey le 29/01/2026 à 18:24


Après une attente pas si longue suite à son annonce lors des Games Awards 2025, de promesses d’un nouveau genre et d’une communication digne d’un blockbuster, Highguard arrive enfin sur nos machines. Pour rappel, il s'agit des développeurs ayant travaillés sur Titanfall et Apex Legends, de quoi faire monter un peu plus la hype. Ambitieux, le titre veut réinventer le shooter PvP en y ajoutant des éléments de fantasy, des montures, des cartes vastes et des phases d’objectif qui se veulent stratégiques. Les premières minutes font illusion : on a l’impression d’avoir sous les yeux un cocktail excitant de genres où tout devrait fonctionner comme par magie. Pourtant, très vite, ce mélange annonce ses premières fissures. La mission est‑elle réussie ?


xseriesx - Highguard Le jeu se déroule dans un univers PvP où des Wardens (des héros à la personnalité vaguement esquissée) se battent pour capturer un artefact : le "Shieldbreaker" et pousser l’assaut jusqu’à la base adverse. L’enchaînement des phases, mêlant collecte de ressources, exploration et assauts, donne une impression d’ambition. Sauf que cette ambition se heurte assez vite à la mécanique même du jeu. Dès l’introduction, difficile de ne pas être surpris par la taille des cartes : vastes, détaillées, vertigineuses. Leur esthétique est parfois séduisante, offrant des panoramas qui donnent envie d’explorer, mais paradoxalement, cette immensité devient un frein à l’action. Traverser ces étendues sans rencontrer de véritables affrontements crée une sensation de vide entre les phases de combat. On peut parcourir de longues minutes de terrain quasiment désert avant que la situation ne devienne vraiment intense. Si l’intention de proposer un monde large est louable, dans la pratique, cela dilue l’énergie et la tension que pourrait produire un shooter PvP plus direct. Le gameplay, lorsqu’il se met enfin en place, est un curieux mélange de virtuosité et d’imprécisions. Les gunfights sont nerveux et souvent satisfaisants : tirer, esquiver, utiliser ses compétences magiques ou ses équipements pour surprendre l’adversaire procure des sensations correctes. Mais l’efficacité des affrontements est souvent contrée par la structure des parties elle‑mêmes. Avant chaque confrontation, il faut souvent passer par une phase de collecte d’objets qui donne l’impression de préparer plus que de jouer. Trouver des armes ou ressources peut devenir une tâche répétitive, au point que l’on se surprend à espérer presque plus une rencontre ennemie qu’une amélioration d’équipement. Alors certes, c'est rigolo de casser du minerai en rythme (QTE à réaliser pour être plus efficace) pour pouvoir acheter des équipements chez le marchand mais cela finit par lasser assez rapidement. Surtout que certaines mécaniques passent rapidement à la trappe, notamment le renforcement des murs qui ne sert pas à grand chose lors des affrontements. Car oui il y a une destruction du décors pour le moins rudimentaire (murs, arbres) qui est très loin de The Finals.


xseriesx - Highguard Chaque Warden dispose d’un ensemble de compétences et d’armes qui permettent une personnalisation intéressante. On passe du simple fusil aux sorts élémentaires (chaque héro possède sa spécialité), et même aux montures qui changent la mobilité des personnages. Cette variété de jouabilité est l’un des points forts du titre : on peut imaginer une partie purement agressive, une autre plus stratégique ou orientée mobilité, et parfois un mélange des deux. Pourtant, cette liberté donne aussi lieu à des compositions d’équipe qui semblent parfois déséquilibrées, surtout sur des cartes vastes où certains combats se résument à le premier qui voit l’autre gagne. La profondeur tactique est là, mais elle est souvent contrée par un manque de constance dans le rythme des affrontements. En matière d’esthétique, Highguard oscille entre deux mondes sans jamais totalement s’ancrer dans l’un ou l’autre. L’univers visuel tente de mêler des éléments fantasy à une ambiance moderne, avec des armes high‑tech dans des décors parfois médiévaux. Visuellement, c’est agréable sur certains plans, mais par instants, on peut se demander si l’identité stylistique ne s’est pas perdue en chemin. Certaines zones semblent délavées, d’autres plus vivantes, mais l’ensemble manque d’une véritable cohérence visuelle qui lui aurait donné une personnalité forte. Oui, il y a des griffons, des ours, des chevaux, le tout avec des armes et forteresses pour le moins moderne... pas sûr que cela donne envie de dépenser de l'argent dans la boutique. Ce manque d’unité artistique se retrouve parfois dans l’exploration, où l’on a l’impression de passer d’une ambiance à une autre sans véritable fil conducteur.  La bande‑son n’est pas en reste : elle remplit son rôle sans vraiment marquer les esprits. Les bruitages des armes, des capacités ou des montures sont corrects, mais ils restent dans une zone d’efficacité fonctionnelle. La musique d’ambiance accompagne les différentes phases de jeu sans jamais se détacher de l’arrière‑plan, ni susciter une émotion particulière. L’ensemble est propre et adapté, mais manque de moments réellement mémorables, ce qui est un peu dommage pour un jeu qui cherche à créer un univers immersif.


xseriesx - Highguard L’un des aspects les plus discutables de Highguard tient à sa progression et à son rythme global. La structure des parties : exploration, collecte, combat peut devenir répétitive à la longue. Les premières parties sont intrigantes : on découvre, on s’adapte, on teste différentes stratégies. Mais au fil des heures, ce format finit par donner une sensation de routine, où l’on attend souvent que quelque chose d’excitant se produise plutôt que de le provoquer soi‑même. Les objectifs variés et la personnalisation des Wardens ne suffisent pas totalement à rompre cette impression de répétition, surtout lorsqu’on joue plusieurs sessions d’affilée. Cela ne signifie pas que tout est négatif : les combats, lorsqu’ils surviennent, sont souvent intenses et donnent une vraie sensation d’impact. La mobilité, grâce aux montures et aux compétences, est bien pensée, et savoir tirer parti de chaque élément peut apporter de réelles satisfactions tactiques. Le plaisir est réel quand une stratégie bien exécutée mène à une victoire serrée ou à un retournement de situation inattendu. Ces moments de tension et de réussite donnent au jeu une vraie joie éphémère, même si elle n’est pas toujours facile à atteindre. Il y a également quelque chose de rafraîchissant dans le fait que le jeu tente de sortir des sentiers battus du PvP strict en mêlant exploration, phases objectives et combat pur. L’idée d’avoir à gérer plusieurs éléments dans une même partie est séduisante : elle donne au jeu une dimension stratégique qui dépasse le simple affrontement de joueurs. Toutefois, cette même ambition se révèle parfois être un double tranchant, car elle complexifie le rythme et crée des creux d’action qui nuisent à la cohésion globale de l’expérience. En fin de compte, c'est un jeu plein de bonnes intentions, avec des mécaniques intéressantes, des moments de combat gratifiants et une diversité de styles de jeu possible. Mais ces points forts sont souvent atténués par un manque de constance dans l’intensité des parties, une structure qui peut rapidement se répéter et une identité visuelle qui peine à s’affirmer de manière tranchée. Highguard se situe à un carrefour délicat : ni totalement raté, ni véritablement abouti, offrant à la fois des éclairs de plaisir et des périodes d’attente parfois frustrantes



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Site officiel
Date de sortie 26/01/2026
Editeur Wildlight Entertainment
Développeur Wildlight Entertainment
Type(s) FPS
Supports physique
SpaceMonkey
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Rang : geek

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Etant un amateur de culture (livres, films mais surtout de jeux vidéo) depuis mon enfance, j'essaie de partager ma passion pour l'univers vidéoludique à  travers Gamikaze (et ouai, c'est moi le webmaster). Ouvert à la plupart des genres, j'ai quand même une grosse préférence pour les jeux d'actions : FPS, TPS, aventures etc.