Tests / MIO : Memories in Orbit 16/20

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Ecrit par SpaceMonkey le 21/01/2026 à 11:44


Après des années à voir le genre Metroidvania tourner en boucle entre clones de Hollow Knight et héritiers d’Ori, un petit studio français décide de venir rappeler que l’exploration spatiale peut aussi rimer avec poésie, mélancolie… et quelques morts injustes. MIO : Memories in Orbit débarque donc avec sa patte artistique qui sent bon la BD de science-fiction et son univers en ruines flottant dans le vide. Mais derrière cette vitrine sublime, le jeu est-il capable d’aller plus loin qu’un simple “oh c’est joli” ? La mission est-elle réussie ?


switch - MIO  Memories in Orbit Commençons donc par situer cette aventure qui nous glisse dans la coque métallique de Mio, un petit androïde fraîchement réactivé dans ce qu’il reste d’une gigantesque arche spatiale à la dérive. Un réveil en douceur, si l’on peut appeler ça ainsi, au cœur d’un monde technologique à moitié organique, rongé par le temps, la rouille et visiblement par de très mauvaises décisions prises il y a longtemps. Chaque zone traversée donne l’impression d’arpenter les vestiges d’une civilisation qui n’a clairement pas renouvelé son abonnement à la survie, laissant derrière elle des structures monumentales, des systèmes défaillants et une faune pas franchement accueillante. Dès les premières minutes, difficile de ne pas être happé par cet univers à la fois fascinant et oppressant. Là où beaucoup de jeux choisissent de vous prendre par la main avec trois cinématiques explicatives, un tutoriel bavard et un personnage qui vous répète quoi faire toutes les trente secondes, MIO : Memories in Orbit opte pour une approche nettement plus subtile. Ici, pas de panneau clignotant pour vous expliquer le monde : le jeu vous lâche dans l’Arche avec un “bon courage” implicite, et vous invite à comprendre par vous-même. Une méthode qui peut surprendre, mais qui s’accorde parfaitement avec l’ambiance solitaire et contemplative de l’aventure. La narration passe avant tout par l’environnement. Les décors parlent, les ruines racontent, les créatures croisées suggèrent plus qu’elles n’expliquent. Chaque couloir effondré, chaque zone envahie par une étrange végétation mécanique ou organique semble être le témoin silencieux d’événements peu réjouissants. On comprend progressivement qu’il s’est passé des choses pas très joyeuses dans cette Arche, et même si le récit reste volontairement discret, il installe une atmosphère mélancolique qui colle parfaitement au rythme de l’exploration. Le jeu préfère faire confiance à l’intelligence et à la curiosité du joueur plutôt que de lui servir un scénario prémâché.


switch - MIO  Memories in Orbit Cette approche, qui privilégie la suggestion à l’exposition, renforce le sentiment d’immersion. On n’explore pas simplement des niveaux : on traverse un monde en ruine, cohérent dans sa décadence, où chaque nouvelle zone ajoute une couche supplémentaire au mystère qui entoure l’Arche et son destin. On sent une vraie volonté de raconter un univers dans son ensemble, plutôt qu’une simple succession d’aires à parcourir. Une intention louable, qui donne immédiatement envie d’aller toujours un peu plus loin, quitte à se demander, à chaque nouvelle découverte, comment tout cela a bien pu tourner aussi mal. D’autant plus que durant toute votre épopée, vous aurez littéralement l’impression d’explorer un organisme géant plutôt qu’un simple décor. L’Arche est construite comme un immense labyrinthe interconnecté, où chaque raccourci débloqué donne cette petite satisfaction propre au genre. Comptez une bonne quinzaine à vingtaine d’heures pour voir le bout en ligne droite, mais ce serait franchement dommage de jouer de cette manière tant l’exploration regorge de secrets, passages cachés et détours facultatifs. Le tout est soutenu par une bande-son particulièrement soignée, qui accompagne l’aventure avec des morceaux souvent discrets mais toujours justes. Les zones calmes profitent d’ambiances presque planantes, tandis que certaines séquences plus tendues montent légèrement en intensité sans jamais tomber dans le grand spectacle hollywoodien. On est plus dans la contemplation que dans la fanfare épique, et ça colle parfaitement à l’identité du jeu. Concernant le gameplay, on retrouve les bases du Metroidvania : exploration, capacités à débloquer, retour dans d’anciennes zones pour ouvrir de nouveaux passages. Mio peut sauter, s’agripper, flotter quelques instants, utiliser un grappin et gagner progressivement des compétences qui transforment la manière de parcourir les environnements. Sur le papier, c’est du classique. Dans les faits, c’est souvent très plaisant… mais pas toujours irréprochable. Certains mouvements manquent parfois d’un poil de précision, surtout dans les séquences de plateforme un peu exigeantes, et il n’est pas rare de tomber à cause d’un saut mal évalué plutôt que d’une erreur flagrante du joueur.


switch - MIO  Memories in Orbit Bien évidemment, on retrouve aussi un système de progression qui permet d’améliorer Mio via différentes améliorations et modules à équiper. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment pour orienter légèrement son style de jeu et encourager l’exploration. Ceux qui aiment fouiller chaque recoin pour optimiser leur personnage seront servis. Côté ennemis, le bestiaire est varié visuellement, même si dans la pratique les affrontements peuvent parfois donner une impression de répétition. Les combats fonctionnent, surtout face aux boss qui demandent d’apprendre les patterns et d’être attentif, mais Mio manque parfois d’impact dans ses attaques. On touche, ça fait des dégâts, mais la sensation de puissance reste modérée. Le jeu est plus dans la finesse que dans la brutalité, ce qui pourra frustrer ceux qui aiment les combats nerveux et explosifs. Heureusement, plusieurs niveaux de difficulté permettent d’adapter un peu l’expérience. Il serait dommage de ne pas aborder les séquences de plateforme et d’énigmes qui viennent rythmer l’aventure. Certaines idées sont vraiment bonnes, notamment dans l’utilisation des capacités aériennes de Mio pour enchaîner les mouvements dans des zones suspendues dans le vide. Mais c’est aussi là que le jeu peut devenir un peu punitif, avec des checkpoints parfois éloignés qui vous forcent à répéter plusieurs passages après une chute malheureuse. Rien d’insurmontable, mais de quoi tester votre patience autant que votre adresse. Visuellement, en revanche, difficile de bouder son plaisir. Chaque zone possède une identité forte : jardins envahis par la végétation, structures métalliques froides, zones mécaniques en ruines… La direction artistique est clairement le point fort du jeu, avec un style qui rappelle la bande dessinée de science-fiction et des couleurs qui donnent régulièrement envie de s’arrêter juste pour regarder le décor. On sent un soin particulier apporté aux ambiances et à la cohérence de cet univers à la fois technologique et poétique.


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Site officiel
Date de sortie 20/01/2026
Editeur PulluP Entertainment
Développeur Douze Dixièmes
Type(s) Plates-formes / Aventure
Supports physique
SpaceMonkey
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Rang : geek

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Etant un amateur de culture (livres, films mais surtout de jeux vidéo) depuis mon enfance, j'essaie de partager ma passion pour l'univers vidéoludique à  travers Gamikaze (et ouai, c'est moi le webmaster). Ouvert à la plupart des genres, j'ai quand même une grosse préférence pour les jeux d'actions : FPS, TPS, aventures etc.