Tests / Starship Troopers : Ultimate Bug War ! 13/20

Ecrit par SpaceMonkey le 30/03/2026 à 17:11


Starship Troopers est le genre de licence qui traîne derrière elle un parfum étrange : culte pour certains, incomprise pour d’autres, et rarement bien servie quand il s’agit de passer du cinéma au jeu vidéo. Avec Ultimate Bug War!, Auroch Digital tente enfin de faire quelque chose de cohérent avec cet univers, et surtout quelque chose qui comprend ce qu’il raconte. Parce que Starship Troopers, ce n’est pas juste tirer sur des insectes géants en criant “pour la Fédération”, c’est aussi une satire qui vous regarde droit dans les yeux en souriant un peu trop. Et ça, le jeu l’a parfaitement compris. Reste une question beaucoup plus terre-à-terre : est-ce que ce défouloir rétro tient sur la durée… ou est-ce qu’il s’essouffle aussi vite qu’un soldat sans munitions face à une vague d’arachnides ? Engagé ? Oui. Mémorable ? Pas sûr.

Soldats et arachnides : une guerre à deux visages

ps5 - Starship Troopers  Ultimate Bug War Dès les premières secondes, le jeu affiche clairement ses intentions. Ici, vous n’êtes pas juste un joueur, vous êtes une recrue. Ou plutôt, vous êtes quelqu’un à qui on essaie très fort de faire croire qu’il est une recrue. Le dispositif narratif repose sur une simulation militaire, une sorte de programme de propagande interactif qui revisite les exploits de Samantha « Sammy » Dietz sous la supervision d’un Johnny Rico devenu général, toujours incarné par Casper Van Dien. Et là, surprise : ça fonctionne. Entre les séquences en prises de vue réelles, les regards caméra et les messages absurdes dignes du film original, le jeu parvient à retrouver ce ton satirique si particulier. C’est kitsch, c’est assumé, et surtout c’est fidèle. Peut-être un peu trop parfois, notamment quand cette volonté de briser le quatrième mur rappelle constamment au joueur qu’il est… un joueur, au détriment de l’immersion pure. La campagne se découpe en treize missions réparties entre deux approches. D’un côté, le soldat de la Fédération, envoyé sur de grandes cartes semi-ouvertes avec une liste d’objectifs à remplir dans l’ordre que vous voulez. Poser des bombes, défendre une position, activer des terminaux ou éliminer une cible précise : la structure rappelle les FPS d’un autre temps, ceux qui vous laissaient respirer entre deux fusillades. Sur le papier, c’est plutôt engageant. Dans les faits, la boucle de gameplay montre rapidement ses limites. Tirer, courir, activer, recommencer. Encore. Et encore. De l’autre côté, le jeu propose de prendre le contrôle d’un insecte, l’assassin, capable de changer de forme. Une idée séduisante, presque rafraîchissante dans un jeu qui aurait pu se contenter de son rôle de défouloir humain. Sauf que l’exécution ne suit pas. Les missions se résument souvent à raser la carte déjà visitée, avec des contrôles moins précis et une sensation générale de répétition accélérée. Le contraste existe, mais il ne suffit pas à renouveler l’expérience.

Gameplay et mécaniques avancées

ps5 - Starship Troopers  Ultimate Bug War Starship Troopers : Ultimate Bug War ! repose sur des bases simples, presque rassurantes. On avance, on tire, on recharge, on survit. Et dans ce cadre très classique, le jeu fait plutôt bien les choses. Les armes ont un bon feeling, les impacts sont satisfaisants, et les différentes options : lance-flammes, tirs orbitaux, artillerie lourde apportent suffisamment de variété pour éviter l’ennui immédiat. Il y a même une petite dimension tactique avec la gestion des munitions et l’utilisation de balises pour déclencher des frappes. Mais derrière cette base solide se cache un problème plus profond : le jeu ne se renouvelle jamais vraiment. Les objectifs changent en apparence, mais restent identiques dans leur structure. Les ennemis arrivent, vous tirent dessus, vous foncent dessus, puis meurent. L’intelligence artificielle ne brille pas particulièrement, surtout du côté des alliés qui semblent avoir signé un pacte pour se placer systématiquement devant votre arme. On comprend rapidement qu’ils sont là pour remplir l’écran… et absorber les dégâts à votre place. Le système de score et les différents niveaux de difficulté tentent d’apporter un peu de profondeur, mais peinent à masquer une réalité assez simple : le jeu est plus efficace quand on ne réfléchit pas trop. Ce qui n’est pas forcément un défaut, mais devient problématique quand on cherche à y revenir. Les phases de défense sont sans doute les plus réussies, avec un semblant de tension et des vagues d’ennemis qui demandent un minimum d’organisation. Mais même là, on reste loin du chaos total que promettait l’univers.

Scénario et mise en scène : fidèle au film, moins au joueur

ps5 - Starship Troopers  Ultimate Bug War Le point fort du jeu, sans hésitation, reste sa compréhension de l’univers. Là où beaucoup d’adaptations se contentent de reprendre les éléments visuels, Ultimate Bug War ! va plus loin en intégrant pleinement le ton du film. La propagande, le second degré, les personnages qui s’adressent directement au joueur : tout est là. Et ça fonctionne, la plupart du temps. Les interventions de Johnny Rico, les faux spots publicitaires et les séquences filmées donnent une vraie personnalité à l’ensemble. Mais cette approche a aussi ses limites. En insistant autant sur le côté “simulation”, le jeu prend parfois ses distances avec l’immersion. On ne se sent jamais vraiment plongé dans une guerre, plutôt dans une reconstitution permanente. Certains apprécieront ce décalage, d’autres auront l’impression de rester constamment à l’extérieur de l’expérience. Le récit, lui, reste assez classique, servant surtout de prétexte à enchaîner les missions. On suit les exploits de Sammy Dietz sans véritable surprise, avec une progression linéaire et sans grande ambition narrative. La campagne étant courte, ce choix n’est pas forcément problématique. Mais il renforce cette impression globale d’un jeu qui sait ce qu’il veut faire… sans chercher à aller plus loin.

Technique et immersion : pixel efficace, guerre un peu vide

ps5 - Starship Troopers  Ultimate Bug War Visuellement, le jeu assume pleinement son héritage. Sprites en 2D, gros pixels, esthétique rétro-FPS : le tout fonctionne étonnamment bien. Les effets modernes viennent apporter un peu de relief, notamment sur les éclairages et les explosions, créant un mélange cohérent entre nostalgie et modernité. Mais là encore, un sentiment de manque persiste. Les grandes cartes donnent parfois une impression de vide, comme si le jeu n’osait pas aller au bout de son concept. On s’attend à des vagues massives d’ennemis, à des affrontements chaotiques… et on se retrouve souvent face à des groupes assez modestes. Le potentiel est là, mais il n’est jamais totalement exploité. Côté sonore, le bilan est contrasté. Les doublages sont excellents, parfaitement dans le ton, et participent grandement à l’identité du jeu. Les musiques, en revanche, restent en retrait, efficaces mais peu mémorables. Quelques bugs audio viennent parfois perturber l’ensemble, sans que cela devienne réellement problématique. Enfin, difficile de ne pas mentionner l’absence totale de multijoueur. Pas de coopération, pas de PvP. Pour un jeu basé sur une guerre interstellaire, c’est un manque difficile à ignorer, et probablement le plus gros frein à sa durée de vie.


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Ce test a été réalisé à partir d’une version éditeur.


Site officiel
Date de sortie 16/03/2026
Saga Starship Troopers
Editeur Dotemu
Développeur Auroch Digital
Type(s) FPS
Supports physique
SpaceMonkey
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Etant un amateur de culture (livres, films mais surtout de jeux vidéo) depuis mon enfance, j'essaie de partager ma passion pour l'univers vidéoludique à  travers Gamikaze (et ouai, c'est moi le webmaster). Ouvert à la plupart des genres, j'ai quand même une grosse préférence pour les jeux d'actions : FPS, TPS, aventures etc.