À peine ses 100 premiers jours à la tête de Xbox terminés, Asha Sharma prépare déjà les cent suivants. Dans une lettre publiée sur Xbox Wire, la dirigeante détaille sa vision de l'avenir de la marque et évoque sans détour la nécessité d'un véritable « reset ». Une communication qui tombe de manière assez pratique au moment même où l'on apprend que de nouveaux licenciements sont prévus dans les prochaines semaines. Quel hasard extraordinaire. Avant d'attaquer les sujets qui fâchent, Asha Sharma préfère rappeler que Xbox traverse également une période positive sur plusieurs aspects. La dirigeante souligne notamment la reprise de la croissance du Game Pass après la baisse de son tarif, le lancement du programme communautaire Player Voice, ainsi que les bons résultats de plusieurs productions récentes, dont Forza Horizon 6. Elle rappelle également que plus de un milliard de joueurs utilisent les jeux Xbox chaque année et que les différentes franchises de Microsoft continuent de battre des records, aussi bien dans le jeu vidéo que dans les adaptations télévisées ou cinématographiques. À première vue, tout semble donc aller pour le mieux. Mais si tout allait réellement bien, il n'y aurait probablement pas besoin d'écrire plusieurs pages pour expliquer pourquoi tout ne va pas si bien que ça.
Une rentabilité devenue préoccupante
Parmi les différents sujets abordés, la question financière occupe une place centrale. Asha Sharma explique que Xbox terminera son exercice fiscal avec une marge d'environ 3 %, un chiffre inférieur à celui de l'année précédente. Selon elle, Microsoft a investi plus de 20 milliards de dollars dans ses contenus, ses plateformes et son matériel au cours des cinq dernières années. Pourtant, le chiffre d'affaires annuel aurait diminué d'environ 500 millions de dollars sur la même période.
La dirigeante est particulièrement directe sur ce point :
« Cette situation est intenable. »
Une formule qui ressemble fortement à l'introduction classique précédant une annonce de restructuration. Ou plusieurs.
Le hardware Xbox coûte de plus en plus cher
Autre problème majeur évoqué dans la lettre : le coût de fabrication des consoles. Selon Sharma, les prix des composants essentiels ont explosé ces dernières années. Les coûts liés au stockage auraient doublé lors de sa prise de fonction en février avant de doubler une nouvelle fois depuis. Microsoft anticipe même une hausse qui porterait ces tarifs à plus de cinq fois leur niveau d'il y a deux ans d'ici la fin de l'année 2027. Même constat du côté de la mémoire vive. Résultat, Xbox affirme ne plus être capable de produire suffisamment de consoles pour répondre à la demande actuelle. Une situation qui pousse l'entreprise à envisager un nouveau modèle économique, de nouveaux partenariats matériels et une accélération du projet Helix, dont les contours restent encore assez flous. Mais rassurez-vous, lorsqu'une entreprise parle de « nouveau modèle économique », c'est rarement pour vendre ses produits moins cher.
Trop de studios, pas assez de moyens
La quatrième priorité concerne directement les studios internes. Xbox reconnaît aujourd'hui posséder un portefeuille particulièrement vaste, avec un grand nombre d'équipes et de licences à gérer simultanément. Asha Sharma affirme vouloir mieux équilibrer les investissements et redonner davantage de visibilité à certaines franchises. Derrière cette formulation plutôt diplomatique se cache néanmoins une inquiétude légitime pour les équipes travaillant sur des projets plus modestes. Lorsqu'une entreprise cherche à rationaliser ses dépenses, les petites productions sont rarement les premières bénéficiaires des économies réalisées.
Xbox veut devenir plus réactif
Le dernier grand chantier concerne l'organisation interne. La dirigeante estime que l'infrastructure actuelle de Xbox n'est plus adaptée aux défis qui attendent l'entreprise. Son objectif est donc de rendre l'ensemble de la structure plus rapide, plus flexible et plus réactive. Une volonté qui s'inscrit dans ce fameux « reset » évoqué depuis plusieurs semaines. Un terme particulièrement populaire dans les grandes entreprises lorsqu'il faut expliquer pourquoi de nombreux changements vont arriver sans utiliser des mots plus inquiétants.
Un discours qui prépare surtout les annonces à venir
Dans sa conclusion, Asha Sharma reconnaît que certaines de ces réalités seront difficiles à entendre pour les employés. Une formule qui prend évidemment une autre dimension alors que plusieurs sources évoquent déjà des licenciements prévus dès le mois de juillet. Au-delà des éléments financiers et stratégiques présentés dans cette lettre, le timing de cette communication paraît difficile à ignorer. Le message envoyé est relativement clair : Xbox estime que ses performances actuelles ne suffisent plus à répondre aux attentes de Microsoft et considère qu'une transformation profonde est devenue nécessaire. Le problème, c'est que dans l'industrie du jeu vidéo, les mots « transformation », « restructuration » et « reset » finissent souvent par signifier exactement la même chose pour les employés concernés. Et rarement quelque chose de positif. La véritable question est désormais de savoir combien de temps ce nouveau « reset » durera avant que le prochain ne soit présenté comme indispensable lui aussi.
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