| Grand Theft Auto IV |
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| Écrit par Kaophonic | |
| 29-04-2008 | |
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De mémoire de joueur de longues dates, jamais l’attente ne fut aussi pénible et l’excitation aussi intense qu’au moment d’enfourner la galette dans le lecteur. Sans aucun doute l’un des jeux les plus attendus de la courte histoire du jeu vidéo, et futur succès commercial présumé, GTA IV débarque enfin dans nos vertes contrées, accompagné d’une ribambelle de promesses. Mais convaincre l’ensemble des fans de la série tout en apportant suffisamment de nouveautés pour l’enrichir est une tâche ardue, surtout lorsqu’il s’agit de prendre la relève d’un San Andreas gargantuesque, aux possibilités presque infinis, et indéniablement mythique. Si l’on avait jugé brièvement des qualités visuelles du jeu au travers des différentes présentations préalables, il nous restait à pénétrer les méandres de Liberty City et à goûter au scénario pour se faire un avis définitif. Dès lors, il s’agit naturellement de se demander si ce GTA IV s’impose comme le meilleur épisode de la saga. Pour répondre à cette question essentielle, au risque de me placer en porte-à-faux avec la plupart des tests déjà parus, je serais tenté d’emprunter une formule à la normande : oui mais… Nous verrons, tout au long de ce test, les raisons d’un tel manque d’enthousiasme. Avant d’aborder les questions plus techniques, faisons le point, sans trop en dévoiler, sur la trame scénaristique de ce nouveau GTA et sur ses principaux intervenants. Le joueur incarne ici Niko Bellic, émigrant serbe fraîchement débarqué aux Etats-Unis par l’entremise de son cousin Roman, installé depuis déjà quelques temps et censé goûter avidement aux joies du rêve américain. Mais arriver sur les lieux, la désillusion pour Niko est au rendez-vous : Roman, propriétaire d’une agence de taxi soi-disant florissante et flambeur invétéré, est victime des intimidations et menaces de prêteurs associés au milieu mafieux. En bon samaritain qu’il est, Niko n’aura de cesse, tout au long de son périple, de venir au secours de ce cousin plus habile en paroles qu’en actes. Délaissant les caîds décérébrés et insensibles des précédents opus, et mués par la volonté d’apporter une maturité nouvelle à sa série, Rockstar livre ici un personnage principal attachant, riche d’un passé trouble dans son pays, en proie aux doutes, aux souvenirs, à la nostalgie, et ne manque pas, au travers de la fable du rêve américain, de mettre en lumière le choc des cultures et les désillusions des immigrants. En outre, fidèle à ses habitudes, le développeur américain dresse une galerie de personnages charismatique avec l’humour graveleux qui a fait sa réputation, dans un milieu où sexe, drogue et rock’n roll ne sont pas qu’un mythe du passé.
Mais le véritable héros de ce périple n’est autre que la ville elle-même, cette Liberty City, déjà parcourue dans GTA III, mais ici complètement retravaillée dans une volonté de reproduire fidèlement New-York. Nombreux furent les joueurs déçus par l’annonce du retour à Liberty City, ces derniers espérant légitimement une destination plus « exotique », et dénonçant du même coup le manque d’imagination du studio américain. Pourtant, dès les premiers tours de roues dans cette Liberty City nouvelle génération, on ne peut que considérer ce jugement comme hâtif tant le travail accompli est saisissant. En effet, jamais auparavant une représentation virtuelle d’une ville et de sa population n’a paru si crédible, si vivante, si immersive, par le biais d’abord d’une architecture d’ensemble monumentale et impressionnante par sa fidélité à New-York, mais aussi, et surtout, par une multitude de détails, anodins au premier abord, mais qui confère au final un souffle de vie et d’humanité jusque là jamais vu. Ainsi, quand il ne s’agit pas de débourser quelques deniers au passage du péage, il n’est pas rare de croiser, au détour d’une ruelle, des voitures en panne, capot ouvert, tandis qu’autour les piétons s’affairent, discutent entre eux, feuillètent un journal, participent à des séances de yoga improvisées, se munissent d’un parapluie lorsque la pluie vient troubler la balade, fument une cigarette… Ceci n’est qu’un échantillon très limité de la diversité des comportements de l’IA, sachez simplement que vous serez ébahis par tant de réactions diverses et variées. A cela s’ajoute encore un très grand nombre de scriptes inattendues, à l’image des conducteurs délogés violemment de leur voiture et qui s’accrochent désespérément au véhicule alors même que vous prenez de la vitesse ou des arrestations de petits délinquants en pleine rue par la police, des interventions des ambulanciers ou des pompiers pour venir en aide aux personnes en danger… Ainsi, contrairement à ses prédécesseurs, Niko n’est plus au centre d’un monde qui n’existe que par sa présence, il doit faire avec un environnement en mouvement dans lequel le héros n’est qu’un pion, une fourmi au sein d’une gigantesque colonie d’alter-egos, plus nombreux que jamais.
Mais cette crédibilité, que je m’évertue à mettre en relief au travers de quelques exemples, ne pourrait être ressentie par un rendu visuel à la hauteur. Et là encore, on en peut que saluer le travail accompli. Profondeur de champ impressionnante, éclairages superbes et qui s’adaptent à la météo (dont les effets sont parfaitement retranscris)et à l’écoulement du temps, modélisations des véhicules de qualité, le tout servi par un rendu des dégâts exemplaire et ultra détaillé, le constat est en tout point dithyrambique. Dès lors, dans la même veine que précédemment, celle du « plus mature », GTA IV impose aux yeux du joueur ébahi un réalisme visuel tout bonnement jamais vu, très éloigné du rendu cartoonesque des précédents opus. Quelques léger défauts, pardonnables au regard de la qualité finale, méritent tout de même d’être soulignés : effet de flou permanent (volonté de masquer l’aliasing ou de représenter la pollution ?), léger clipping avec parfois des textures qui s’affichent un peu tard, certains endroits très sombres la nuit ou encore un framerate pas toujours parfait. Enfin, doté du moteur d’animation Euphoria, que l’on promettait révolutionnaire, GTA IV bénéficie sans doute des animations les plus convaincantes jamais vues dans un jeu vidéo, chaque mouvement, chaque action, chaque choc, se révélant parfaitement crédibles et toujours appropriés à la situation. De plus, une multitude de petites animations (Niko change lui-même la station de radio, casse une vitre et bricole les fils pour s’emparer d’un véhicule par exemple), ajoutent un peu plus d’humanité à des personnages qui décidément n’en manque pas. Après avoir abordé la question visuelle et technique, pour laquelle le verdict est sans appel, il est temps de s’intéresser maintenant au gameplay à proprement parlé, qui, s’en bouleverser les habitudes, apportent suffisamment de nouveautés pour considérablement enrichir les phases de jeu. La première nouveauté, et sans doute la plus évidente, tient à la maniabilité des véhicules (motos, voitures, bateaux et hélicoptères), totalement revue et d’abord déroutante. Autrefois habitué aux accélérations brutales et aux enchaînements de virages à coups de frein à main, le joueur, dans ses premières heures, doit s’armer de patience pour maîtriser un pilotage qui ne pardonne aucun excès de zèle. En effet, il est nécessaire de réduire considérablement sa vitesse pour prendre les virages correctement, une habitude à prendre qui au final privilégie la maîtrise et l’anticipation. Mais finalement, assez miraculeusement, on arrive progressivement à appréhender la physique des véhicules et le dosage accélération/frein pour un résultat convaincant, digne des échappées sauvages de quelques grands films hollywoodiens (French Connection par exemple). Autre nouveauté, et non des moindres, les phases de tir ont subi de très nettes modifications. Empruntant la vue à l’épaule instaurée par Resident Evil 4, verrouillage de cible compris, ces phases se dotent en outre d’un système de couverture et de tir à l’aveugle directement inspirés des jeux de tir plus tactiques. Les développeurs proposent ainsi une toute autre dimension aux combats, le tout servi par une intelligence artificielle relativement satisfaisante pour un jeu de ce genre. En revanche, le système de combat au corps à corps, toujours présent, s’avère bien mollasson.
En ce qui concerne l’organisation du temps de jeu, on dénote deux phases principales. La première, et la plus importante, consiste à enchaîner les missions, délivrées par plusieurs personnages. Pendant la première partie du jeu, elles se révèlent d’ailleurs assez décevantes car peu originales, la plupart d’entre elles se terminant par la fuite de l’individu recherché et par une inévitable course-poursuite en voiture : un petit manque d’inspiration auquel Rockstar ne nous avait pas habitué. Heureusement, elles tendent à se diversifier par la suite et offrent un peu plus d’originalité et de divertissement. De plus, quelques missions sortent clairement du lot, à l’image de celle qui met en scène un braquage de banque suivi d’une folle échappée dans les couloirs du métro. Autre exemple : il s’agira dans une des missions de démasquer une future victime dans la foule en la sollicitant au téléphone. Pour résumer, le tout est assez inégal, passant régulièrement de l’excellence à la plus parfaite banalité. A cela s’ajoute également des missions secondaires, assez banales, où il faudra assassiner des criminels recherchés, participer à des courses, rechercher et dérober des véhicules… La deuxième phase maintenant s’attache aux relations amicales ou amoureuses que vous devrez entretenir avec les PNJ tout au long de l’aventure. En effet, armé de son téléphone, résolument au cœur des mécaniques de jeu, Niko peut, à tout moment, inviter un de ses contacts à un spectacle, une virée dans un club de strip-tease ou dans un bar (cette dernière offrant des moments franchement hilarants au cours desquels vous devrez ramener chez lui votre acolyte de bibine dans un état proche du coma éthylique, avec un effet superbement rendu). L’objectif est finalement de veiller à sortir chacun d’entre eux régulièrement pour éviter que les relations ne se détériorent. Quel dommage cependant que ces virées entre amis n’est aucune incidence sur le déroulement de l’histoire et ne proposent que de maigres récompenses ! de même, c’est lors de ces virées entre amis que le joueur aura l’occasion à quelques mini-jeux, intéressants comme le billard, ou juste sans intérêt, à l’image des fléchettes ou du bowling. Enfin, soulignons la présence des cybercafés, dans lesquels Niko peut se connecter à Internet pour consulter ses mails, faire des rencontres ou bien encore visiter une flopée de sites, pour acheter une voiture d’occasion par exemple, où simplement pour se délecter du ton volontairement provocateur de Rockstar.
Dans la dernière partie de ce test, qui fera office de conclusion, j’aimerais exprimer quelques reproches qui entachent un bilan malgré tout très positif (on en attendait tellement que la déception est logique). C’est d’abord le manque de personnalisation du héros qui frappe : seulement quatre magasins de vêtements, absence des coiffeurs et tatoueurs auxquels on s’était habitué, pas d’évolution des caractéristiques physiques et des aptitudes… En outre, en faisait le choix d’écarter bon nombre de véhicules hétéroclites, dont nous retiendrons les avions et vélos (et parachute), les développeurs privent le joueur de nombreux moments dantesques et à l’origine du charme si particulier de GTA. Même chose pour les armes, toujours nombreuses mais moins diversifiées. Dans le même ordre d’idée, on doit dire adieu aux achats d’appartements, boîte de nuit ou bars en tout genre. Enfin, outre des missions à la qualité inégale et dans l’ensemble moins riches que précédemment, le scénario lui-même s’avère assez brouillon, mélangeant les différents acteurs sans véritables liens les unissant, sans un fil conducteur à même de guider le déroulement de l’histoire. Heureusement, quelques coups de théâtre viennent l’enrichir. C’est donc finalement un manque de contenu que l’on pourrait reprocher à ce GTA, tant nous fûmes gâtés par le passé. En effet, en dehors des missions, rien ne pousse réellement le joueur à explorer chaque recoin de la ville, tandis que l’on ne retrouve que trop peu d’occasions de claquer son argent malhonnêtement gagné. Je n’ai pas évoqué le mode multijoueur, grosse nouveauté de ce GTA IV, peut-être y reviendrais je d’ici quelques temps. Sachez simplement, pour faire court, qu’il offre une très grandes diversités de modes, allant du conventionnel deathmatch, seul ou en équipe, à un mode de course, proche d’un Mario Kart avec ses items sur la piste, en passant par des missions scénarisées à jouer en coopération contre l’IA. Enfin, le mode Gendarmes et Voleurs permet à 16 joueurs, répartis dans les deux équipes, de s’affronter, le premier clan essayant de faire évacuer son boss, tandis que les policiers n’auront qu’une idée en tête : abattre le chef mafieux. D’autres modes, où il s’agit de remplir des objectifs imposés avant l’équipe adverse sont aussi présents, le tout assurant fun, diversité et intérêt constant.
Graphisme: 18/20 : Sans aucun doute la représentation d’une ville la plus aboutie à ce jour. Architecture grandiose et truffée de détails, aussi bien dans les grandes artères que dans les sombres ruelles, profondeur de champ impressionnante, modélisation des véhicules de très bonne tenue, effets de météo et d’éclairages saisissants, tout concourt à instaurer à l’ensemble un souffle de vie et une crédibilité jusque là jamais vus. Les plus pointilleux pourront soulevés quelques légers défauts, comme du clipping (discret), un flou constant à l’horizon et un framerate pas toujours constant, mais ces derniers n’entachent en rien le rendu global, parfaitement convaincant. Au final, l’impression de parcourir une grande métropole américaine est bien présente. Gameplay: 16/20: En introduisant un système de verrouillage des cibles et la possibilité de se mettre à couvert, les phases de tir s’en trouvent considérablement enrichies, même si quelques imprécisions demeurent. Dans ce cas, le retour à une visée manuelle est possible, contentant ainsi à peu près tout le monde. En ce qui concerne la maniabilité à pieds et à voiture, les premières heures de jeu sont très inquiétantes, tant il est difficile de contrôler les véhicules, très capricieux. Heureusement, on s’adapte au bout de quelques heures, à condition que l’on s’accorde avec une conduite moins nerveuse, plus précise. Quelques soucis de maniabilité du personnage dans les bâtiments, à cause d’une caméra qui a tendance à traîner les pieds. Durée de vie : 17/20 : Une quarantaine d’heures pour venir à bout de l’histoire, sans compter les missions secondaires, telles que vols de voiture, assassinat de criminels recherchés ou transports de cargaisons illicites. En outre, le mode multijoueur, très complet, assure de nombreuses heures supplémentaires. Bande-son : 19/20 : Fidèle à ses habitudes, Rockstar nous livre une bande-son du feu de dieu. Les musiques, très nombreuses, empruntent à tous les styles et mettent en avant des figures légendaires de la musique : Smashing Pumpkins, Miles Davis, Bob Marley pour ne citer qu’eux. Au niveau des bruitages, on note une nette évolution par rapport aux épisodes précédents. Chocs, moteurs, armes, tout est de très haut niveau. Note générale : 17/20 : On attendait énormément de ce GTA IV, et au final, bien que l’ensemble soit tout à fait convaincant, on ne peut que nourrir quelques déceptions, dues en partie à un contenu moins riche que dans San Andreas et Vice City. De même, bien que la série conserve son humour et ses thématiques de prédilection, on regrette que les missions soient si inégales, fleuretant parfois avec le génie pour retomber ensuite dans la plus parfaite banalité. Cependant, GTA IV reste un jeu d’une grande qualité globale, une fois de plus au dessus de la concurrence, et paré d’un visuel de très bonne facture. En outre, doté d’une finition exemplaire et d’un souci du détail jamais constatés auparavant, on est impressionné d’une telle débauche d’efforts pour faire de ce monde virtuel un écho tout à fait convaincant à la réalité. Avec son approche mature et réaliste, il suscitera à coup sûr l’émerveillement et le regret. Allez, on attend déjà la suite !
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| Dernière mise à jour : ( 04-06-2008 ) |
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4 commentaires
Pr裡teur le 28 mai 08 à 12:37
Juste une question, je viens de m'inscrire, et je me demande pourquoi est-ce qu'il y a souvent deux tests pour un seul titre ex.: R6V2, Condemned : Bloodshot, GTA 4, etc?
Pr裡teur le 28 mai 08 à 12:48
Une petite organisation ne ferait donc pas de mal...
Pr裡teur le 28 mai 08 à 12:55
Je voudrais rajouter une chose pour que mon commentaire soit clair : Je suis d'accord, sur les jeux à 2 versions (360 et PS3), il est normal qu'il y est quelques différences, mais de là à en faire deux tests différents... Vous devriez vous organiser pour faire un même test par deux personnes ou alors par une personne possédant les deux machines et indiquer les différences entre les versions.
Kaophonic le 31 mai 08 à 14:15
je suis d'accord avec toi, mais je n'ai pas les deux machines pour ma part donc je me contente de faire un test sur la version que j'ai à ma disposition. Mais de toute façcon sur des jeux multi comme GTA les différences sont minimes.
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