Sorti sur PC et Playstation en 1996, Les Chevaliers de Baphomet premier du nom se voit adapter dans une version appelée « Director's Cut », qui nous proposera un contenu supplémentaire par rapport à la version d'origine. Pour un point-and-click, la Wiimote ne devrait pas déboussoler, et en tant que jeu à énigmes, on était en état d'espérer 13 ans après la sortie du jeu, d'avoir de nouvelles énigmes qui auraient exploité la Wii (ou à défaut, la Wiimote). Qu'en est-il vraiment ? Ce remake vaut-il vraiment la peine ?

On découvre un peu plus Nico Collard
Pour ceux qui ne connaissent pas les Chevaliers de Baphomet, il s'agit d'un point-and-click qui nous met dans la peau de l'américain George Stobbart, et qui sera aidé tout aux long des jeux (il existe actuellement quatre épisodes, celui-ci est le premier, et s'il se vend bien, il est possible que la suite débarque sur Wii et DS) de Nicole Collard, une journaliste qui est bien plus liée à l'histoire que ce qu'elle croyait. En effet comme vous le savez (mais comme probablement pas, je l'écris), Baphomet, serait une créature mystique que l'Ordre des Templiers (des chevaliers francs qui sont partis en croisades) aurait vénérée, lequel ordre aurait été dissout en 1312, ces mystérieux chevaliers auraient bénéficié d'une puissance divine qui leur permettait de triompher, George et Nicole vont s'apercevoir dès ce premier épisode, que les Templiers sont au cœur d'une série de meurtres. L'aventure commence avec Nicole Collard, nouveauté de cette version
Director's Cut, et pratiquement la seule (bien qu'on pourra à plusieurs reprises l'incarner, toutes les phases, avec elle, sont donc inédites par rapport à la version originale), elle va assister au meurtre d'un homme connu par un mime, et fait le lien avec deux autres meurtres du même type qui ont eu lieu auparavant, et dont la particularité était que le tueur était déguisé. Le soir elle reçoit un appel de quelqu'un qui dit avoir des informations pour elle, elle lui demande de venir le lendemain dans un bar.

Tout commence à Paris
Le lendemain arrive donc, on y voit notamment l'homme qui a passé le coup de fil se faire assassiner par un clown qui a posé une bombe dans le bar, et un certain George Stobbart (c'est le héros, où cas où vous êtes perdus.) était sur la terrasse et a forcément assisté à tout ça, tout a basculé, George se sent le devoir de trouver qui est le coupable, qui est le mystérieux clown, et de le faire arrêter. Il sera très vite rejoint par Nico, qui va l'aider tout au long de son enquête (elle va de même dans la partie inédite du scénario faire des découvertes sur sa famille et sur la personne qui a été tuée par le mime au départ.). Le scénario peut sembler à la base anodin, mais il va très vite changer de direction, nos deux héros vont découvrir que ces meurtres auraient un rapport avec les Templiers, il y aura encore des retournements de situation mais je ne vais pas me risquer à trop en raconter. Cette histoire sera ponctuée par différentes énigmes, objets à trouver, actions à réaliser, point-and-click oblige, le jeu est linéaire. Les énigmes utilisent la plupart du temps le pointeur uniquement, à part à - de mémoire - deux reprises, où l'on doit « utiliser le détecteur de mouvement », il s'agira en fait de tourner la Wiimote afin de faire tourner un mécanisme à l'écran, notamment la première épreuve de ce type nous oblige à tourner un cylindre, il y a un tutoriel au début pour savoir comment faire.

Un mystérieux mime et un cadavre...
Le problème est que cela manque d'illustration, on est mis en situation réelle un peu après, et soit on s'en souvient, soit on revient en arrière pour relire l'explication, de plus, à certains moments sur cette énigme le curseur se bloque sans raison pendant quelques secondes, ce qui fait qu'ensuite il y a une décalage avec la position de la main en vrai, c'est le seul bug notoire que j'ai pu relever dans ce jeu. Pour en revenir au système de jeu, à part le système de tourner la Wiimote, le reste des actions sera limité à pointer et cliquer (ça ne s'appelle pas point-and-click pour rien), et là-dessus il n'y a aucun problème de précision, ni besoin d'une grande dextérité pour échapper à une porte qui pourrait vous tomber dessus (certaines actions simples sont désormais automatisées, ce n'est pas plus mal, mais ce n'est pas mieux non plus), cependant, pour les personnes n'ayant jamais joué au jeu original, le fait de trouver quoi faire ou comment résoudre une énigme demandera une capacité d'observation et de déduction. L'interface est donc extrêmement simple, une icône pour accéder à l'inventaire, les objets peuvent interagir avec le décor, ou bien entre eux, cela donnant de multiples possibilités au joueur, qui devra régulièrement regarder si quelque chose dans son inventaire ne peut pas l'aider à débloquer la situation dans laquelle il est.

Il faudra examiner le cadavre de vous-même
Et au pire il existe un système d'indices, parfois un point d'interrogation apparait en haut à droite de l'écran, cela signifie qu'il y a un ou plusieurs indices disponibles pour savoir quoi faire ou alors où aller, néanmoins l'apparition de ces indices est plutôt aléatoire, et les indices sont d'importances différentes, parfois sur trois indices, les deux premiers ne nous apprennent rien et le troisième nous donne la solution directement, parfois ils sont même juste faux (à un moment le jeu me disait d'aller en Espagne, qui était à ce moment indisponible.), et des fois mêmes il n'y en a pas alors qu'on ne sait pas vraiment quoi faire. Tout cela fait qu'entre un néophyte et quelqu'un ayant déjà joué au jeu, la durée de vie peut varier du simple au quadruple, d'environ 5 à 20 heures, la rejouabilité s'amenuise donc rapidement, néanmoins il est plaisant de parler à tout le monde de tous les sujets de conversation disponibles, même si certains personnages n'ont qu'un rôle de figurant, tous disposent d'un doublage en français, même si apparemment ils doivent être 5 ou 6 acteurs à se partager tous les rôles, ils prennent des tonalités et accents différents, c'est tout de même plaisant.

Des indices sont dispersés un peu partout
Second gros défaut, le jeu propose obligatoirement de nouveaux dialogues (puisqu'une partie du scénario est inédit et a été intégré à l'histoire principale déjà, mais certains dialogues ont été changés) qui sont très bons, mais à certains moments ce sont les doublages de la version de 1996 qui sont restés, ce qui fait qu'à certains moment on a une phrase « normale » et après une qui a l'air d'être diffusée depuis un haut-parleur de mauvaise qualité. Le jeu possède une bande son qui, sans être transcendante nous plonge assez bien dans l'ambiance, que cela passe par les bruitages, ou les musiques d'ambiance très discrètes et rares. Ces dialogues mi-nouveaux mi-vieillots (majoritairement nouveaux quand même), sont accompagnés d'expressions faciales qui ont été spécialement faites pour l'occasion du remake et qui rendent particulièrement bien ! Les quelques cinématiques en dessin animé ont été conservées, ce qui fait que les visages divergent un peu, mais les personnages sont toujours reconnaissables, quelques unes au début et à la fin sont nouvelles et font également leur apparition, avec les « nouveaux » visages, elles ressemblent assez à des animations en flash, et à ce titre peuvent paraître un poil inférieures à celles de l'édition originale...

La fameuse énigme du cylindre
Au niveau graphique, le jeu est assez coloré, globalement le jeu a plutôt bien vieilli (même si les sprites des personnages donnent l'air un peu pixellisés), Les Chevaliers de Baphomet nous mènera dans des décors variés, les rues d'un Paris sans voitures, un jardin en Espagne, un marché en Syrie, un musée, une église, des sortes de grottes, divers bureaux, maisons, toilettes, bars, égouts... Le tout dans un mode 4:3 (eh oui c'est dommage, le 16:9 n'a pas été inclus dans cette version, on est en 2009 quand même, l'époque du 4:3 est finie les gars !) qui ne rend pas trop mal, 2D oblige. Enfin, petite spécificité à cette version Wii, il est possible de jouer à deux. Comment me direz-vous ? (S'il vous plaît, dites-le sinon ce paragraphe ne sert à rien) Eh bien tout simplement pendant le jeu, il suffira qu'une deuxième Wiimote soit synchronisée à la console pour voir un pointeur transparent à l'écran, qui ne pourra absolument rien faire, il faudra que le joueur qui a le contrôle appuie sur 1 ou 2, il doit sûrement y avoir une subtile subtilité cachée sous ce subtil mode de jeu, mais cela est trop subtil pour moi.
Notes
Gameplay11 / 20 |
Il ne s'agit pas là de juger de l'intérêt d'un point-and-click en général, mais surtout de voir comment il utilise la Wiimote, dans sa fonction de pointeur/cliqueur il n'y a absolument aucun problème, il n'est pas non plus nécessaire d'avoir en permanence le pointeur sur l'écran, puisqu'il y a des moments de réflexion de la part du joueur et les dialogues, qui prennent une part importante dans le jeu. |
Graphismes13 / 20 |
Des graphismes en 2D réussis, les décors sont variés, colorés, détaillés, à tel point qu'il faudra parfois être minutieux pour savoir où aller. Le jeu est ponctué (trop rarement) par des cinématiques animées reprises du jeu original de 1996, et c'est alors seulement à ce moment là que le jeu prend un coup de vieux. Seuls les corps des personnages manquent un peu de détail. |
Bande son15 / 20 |
Un jeu entièrement doublé en français, d'assez bonne qualité dans l'ensemble, chaque phrase a été transcrite à l'oral, même les plus inintéressantes (demander à tout le monde de lui serrer la main pour l'électrocuter alors qu'au bout de la vingtième personne on comprend que ça ne sert à rien, oui ça sent le vécu), on regrette néanmoins la présence des anciens doublages de mauvaise qualité qui forment un contraste évident. |
Durée de vie12 / 20 |
Elle dépendra vraiment des capacités du joueur, d'un côté quelqu'un qui aura déjà fini le jeu pourra le finir à nouveau entre 5 et 10 heures (5 en allant vite, 10 en prenant le temps de parler à tout le monde et de leur montrer tous vos objets) , quelqu'un n'y ayant jamais joué pourra mettre entre 7 et 20 heures en fonction de ses capacités de réflexion (ou bien au hasard), parfois le système d'aide est indisponible et donc oblige le joueur à trouver de lui-même, ce qui rallonge artificiellement la durée de vie (rester 20 minutes au même endroit à ne rien faire, on peut pas vraiment inclure cela dans le temps de jeu !). |
Conclusion14 / 20 |
Les Chevaliers de Baphomet : Director's Cut saura ravir les amateurs de point-and-click ou les joueurs en recherche d'un jeu de réflexion au scénario intéressant, l'histoire est intéressante et il est globalement plaisant à jouer, les énigmes sont peu nombreuses mais demandent réellement une véritable réflexion de la part du joueur, à tel point que l'utilisation d'indices sera réellement nécessaire aux moins déterminés. Malgré quelques défauts (pas de 16:9, voix de 1996, parfois |
Ecrit par Xaphran le 19/03/2009 à 00h00
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