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Jeux vidéo et Médias : je t’aime moi non plus Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Maha   
19-03-2009
          Violent. Vulgaire. Dangereux. Puant même des pieds. Ce n’est un secret pour personne. Cela fait grosso modo 30 ans qu’ils existent et sont la nouvelle boîte de pandore de l’humanité. Sans sombrer dans la caricature, c’est à peu de chose prêt l’image qu’en font nos médias généralistes ces dernières années. A l’instar du train qu’on accusait d‘être la cause de problèmes de santé ( sortez vos bouquins d’histoire c’était il y a… hum… une paye de siècles ), les jeux vidéo sont autant traîné dans la boue qu’une brouette dans un champ normand ( et Dieu sait qu’il y en a de la boue, dans un champ  normand ). Livrés à la vindicte populaire par nos médias dit « traditionnels », ces derniers ne se gênent pas pour inventer  des histoires farfelues à base d’infos parfois inventées de toutes pièces ou de raccourcis éhontés, grossiers et maladroits. Ah, on pourrait n’en avoir que faire ! On pourrait, oui. Mais il n'y a rien de plus énervant que d’entendre autant de calomnie sur son hobby préféré. Le mensonge et la déformation, ca vous hérisse le poil. Toujours prêt à défendre le pad et l'orphelin. Je vais faire une petite comparaison 100% foireuse si vous ne vous sentez pas réellement concerné par la question. Quoique, si vous êtes ici c’est que, à priori, vous aimer les jeux vidéo. Et que passer pour un ados boutonneux et sociopathe quand vous avouez à demi mots à vos collègues gavés de clichés : « Oui, je joue au jeux vidéo », ça vous agace passablement, simplement parce que c'est faux.




          Imaginez donc : vous adorez les Kebabs ( qui n‘aime pas les Kebabs ? ). Vous en mangez sans arrêt. Avec beaucoup de sauce blanche, de préférence. A chaque bouchée, c’est comme si le Divin lui-même s’abandonnait dans votre bouche. Puis un jour un groupuscule de journalistes incompétents/mal informés/en mal de scoop ( rayez la mention inutile ) débarque avec ses gros sabots et s’empare de ce sujet d’actualité. Ce soir dans Zone Autorisée : « le Kebab, c’est de la viande de chien en fait ». Au journal de 20H : « Alerte sanitaire chez nos têtes blondes : le Kebab, ça file la chiasse et pourrait provoquer un cancer du colon ».  A la une de votre quotidien : « Un ado braque une station service puis se paye un Kebab avec le butin ». C’est l’escalade. Le gouvernement vote une série de lois : le Kebab se voit surtaxé, les vendeurs ont l’obligation de demander une pièce d’identité à chaque client achetant un Kebab. Les acheteurs de Kebab se voient stigmatisés, obligés de se procurer leur doux plaisir habillés d’un long imper et de lunettes noires. Finalement, le Kebab se voit tout simplement interdit à la vente suite à une étude on ne peut plus sérieuse prouvant par a + b que le Kebab est potentiellement extrêmement addictif et dangereux. Dommage pour ceux qui aimait savourer un petit Kebab de temps en temps, les amateurs s’indignent de voir qu’un simple passe temps intestinal se voit prohibé à cause d’une suite de profondes mésententes. Toute ressemblance avec une situation existante est purement fortuite.


          Moi, j’adore les Kebabs. Et les jeux vidéo. Et la violence dans les jeux vidéo, c’est un peu la sauce blanche des Kebabs. On sait que c’est en fait plein de cochonneries, que ce n’est juste qu’un moyen de relevé le tout et non l’intérêt principal et que jamais au grand jamais on ne mettra de la sauce blanche autre part que dans un Kebab. On sait faire la part des choses. Un Kebab c’est un Kebab, l’espace temps en dehors de l’instant « Kebab » ( appelons ça « la vie » ) c’est autre chose. Voilà. Faut donc arrêter de prendre les mangeurs de Kebab pour des débiles, parce que le Kebab sauce blanche c’est bon pour les grands, mais les petits devront se contenter de quelques frites parce que le Kebab, ça risquerait de les rendre obèse. Des intention louable, quand même. Après l’avalanche ces dernières semaines de nouvelles et reportages assez effarant sur l’horrible Cerbère « Jeu vidéo », on ne peut que saluer l’action du Syndicat National du Jeu vidéo. Le SNJV crée un Comité de Vigilance qui aura essentiellement pour vocation d'intervenir auprès des rédactions dans une optique "de riposte systématique et de veille permanente" suite à des déclarations journalistiques jugées diffamatoires. Après ce simili coup de gueule agrémenté salade tomate en entrée, qui n‘avait pas d‘autre but que d‘être un coup de gueule, poursuivons ce repas en bonne compagnie tout en savourant quelques morceaux choisies de cocasseries médiatique. A consommer avec modération donc.




Du journalisme à sensations



          Le plastique, c’est fantastique. Et le silicone, c’est bon pour le transit. Enfin, si on en croit France 2. Nous sommes en 2004, la France tremble devant France 2 et son reportage choc sur le suicide au Japon.





Suicide au Japon
envoyé par MidoLyn





          Problème, l’information brandit par le journaliste n’est en fait qu’une simple blague. 147 collégiens se seraient donné la mort en gobant des poches de silicone suite au retard de « Dead Or Alive ». Avouez que c’est quand même assez étrange comme façon de se donner la mort. C’est si facile de se procurer des poches de silicones. Descendez au Franprix du coin de la rue et rendez vous entre le rayon fruits et légumes et le rayon conserves. Lorsque l’on est doté d’un minimum de bon sens, il y a quand même de quoi douter de la véracité de l’information. L’erreur est humaine, mais le simple fait de ne pas avoir vérifié l’info est une faute impardonnable. Surtout avec une information aussi grave. On dénote par ailleurs une méconnaissance profonde du sujet par le journaliste auteur du reportage qui n’hésite pas a bidouiller la traduction des propos tenus par le joueur interviewé. Pour coller avec son reportage. Voyez cette vidéo commentant la méprise du coquin de journaliste.





Honte à la rédaction de France 2
envoyé par dperetti




          Heureusement, tout les journalistes ne font pas preuve d’aussi peu de professionnalisme. Le décryptage de France 5 est efficace mais sûrement passé inaperçu auprès des foyers français s’indignant devant ce fait divers sordide, et c’est bien là le problème. Les faits divers sont souvent largement repris par la presse. Par contre, quand celui ci s'avère éroné, l'engouement est loin d'être identique pour informer le grand public de la bourde. Ce manque de transparence ne fait évidemment pas beaucoup de bien à notre loisir préféré. Le mal et fait, et marquera les esprits indéniablement. C'est loin d'être un cas isolé. Plus récemment, cette histoire édifiante. Un gamin de 5 ans poignarde sa grande sœur pour  un jeu vidéo. Encore une fois, cette notion si utile qu’est le bon sens journalistique devrait emettre des doutes : un enfant de 5 ans à la force de poignarder quelqu’un ?  Alors que les réactions de nombreux téléspectateurs indignés par cette nouvelle fussent, peu nombreux sont ceux au courant du dénouement de l’affaire passé quasi inaperçu dans les médias, impliquant la mère. C'est regrétable, de voir un traitement aussi sensationnel de l'information par certaines rédactions malavisées.




Bonnes intentions, message -très- maladroit


          2008. Une publicité sur les dangers potentiels d’internet . L’initiative est louable, la mise en scène intéressante mais très maladroite.





Pub Dangers d'internet CSA enfance
envoyé par alainrx8





          Rien ne vous a choqué ? Thèse fasciste, pornographie, pédophilie sont indéniablement des dangers pour nos têtes blondes. Mais que fait le jeu vidéo dans ce quatuor diabolique? On oscille entre la perplexité et la colère. Le jeu vidéo n’est pas dangereux. En tout cas, pas plus qu’une autre média. Enfin, je parle en terrain conquis puisque, a priori, si vous êtes aussi révolté que moi par cette publicité, je n’ai pas à vous convaincre. Je pars donc du principe que vous êtes un parent déboussolé et paumé par ces nouveaux médias. Reprenons. On reproche généralement au jeu vidéo d'être violent, et de rendre violent nos jeunes progénitures, ne sachant pas faire la part des choses. Permettez moi de vous faire remarquer qu’il existe un classement, le PEGI ( pas la cochonne ) qui vous permet de vérifier si le jeu est accessible à votre progéniture et que c’est votre rôle de parent. de le faire. Une notion qui peut être vous semble abstraite et que l’on nomme « l’éducation » vous incite à vous intéresser à la vie de votre enfant et à ne pas laisser entre ses mains un objet inapproprié. Comme vous ne laisserez votre enfant fouiller dans le tirroir de la cuisine et faire joujou avec un couteau. Ce n’est absolument pas le rôle de l’étudiant sous payé qui occupe le poste de vendeur au rayon Jeu Vidéo de la Fnac. Personnellement, je serais plus terrorisé à l’idée de laisser entre les mains de mon enfant une version compréhensible de « la divine comédie » de Dante que GTA 4. Les tortures et châtiments imaginés par l'auteur ont de quoi faire froid dans le dos.


          Quand bien même, soyez en sur, la violence dans les jeux n’est qu’un élément "graphique" présent la plupart du temps doit dans un soucis de réalisme soit d‘une mise en scène cinématographique. Il ne s’agit aucunement d’une finalité. Les jeux dont le but est de torturer/démembrer/tuer à grand renfort d'effets gores sont une légende urbaine. Quand bien même ces jeux ont existé, ils furent d’énorme flop car sans intérêt, a classer dans la série Z du jeu. Voilà vous l‘avez compris, comme les films violent, la violence est a réserver à un public capable de la comprendre. Le jeu n’est qu’un jeu. C'est du faux, du flan. Il n’est pas plus dangereux qu’un autre hobby. Si le jeu est violent et rend violent, le football aussi. Et bien oui, regardez ces hooligans qui ne pensent qu’à se fouttre sur la gueule. Si comportement violent il y a, ce n’est aucunement du au jeu, mais plutôt à l’individu qui semble souffrir d’une pathologie profonde et d’une perte de la notion entre le réel et le virtuel. Si tel n’était pas le cas, on pourrait alors incriminer tout œuvre de fiction. Il n’y a aucune étude sérieuse qui met en évidence qu’un média violent provoque un comportement violent. Le seul danger potentiel est l’excès. Mais, sans partir dans un raisonnement métaphysique, tout, avec excès, est nocif. En espérant vous avoir convaincu messieurs dames que comparer le jeu vidéo, une simple œuvre de fiction interactive, à des thèses racistes ou  des abus sexuels horribles, des trucs vrais quoi, qui font réellement du mal et qui en ont réellement fait, que tout ceci est d’une absurdité sans nom, je vous salue bien bas.





          Ignorance est mère de tout les maux, disait Rabelais. C'est bien là le pire ennemi du jeu vidéo.

Commentaires (4)add
Brogus: ...
Le jour ou les parents se remettrons eux même en cause avant d'essayer d'accusé autre chose pour leur propre incompétence, ca ira mieu ^^
1

20 mar 09 à 10:14
Xaphran: ...
dailymotion.cm/WiiLos/video/14657606

Totalement dans le sujet =D
2

20 mar 09 à 16:35
Xaphran: ...
A cause du truc anti spam j'ai du écorcher le lien, faut rajouter les www et le "o" de com :x
3

20 mar 09 à 16:36
Mussino: ...
Si les parents surveillaient plus leurs enfants et évitaient de leurs acheter des jeux violent alors là peut être le monde tournerait bien mieux, car je suis désoler c'est pas avec un plombier italien et un hérisson bleu qu'on porte le danger.
4

21 mar 09 à 20:25
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